Chez mes parents, je redécouvre après des années de vieux tableaux, de vieux dessins que j'avais oubliés. Hier, j'ai remis la main sur un vieil enregistrement. Il date de 1997. J'avais dix-neuf ans lorsque j'ai composé cette musique. Je me souviens de la galère que ça avait été pour l'enregistrer. Ma partition demandait soixante-sept musiciens, et nous n'étions que trente-six à l'enregistrement. Il avait fallu que je réarrange tout ça, puis ça avait été la croix et la bannière (à l'époque, les téléphones portables, le net et les mails, c'était pas courant pour tout le monde) pour appeler les musiciens, organiser des répétitions, obtenir un local. Nous étions tous très jeunes. Aucun des musiciens là-dessus n'a plus de vingt-deux ans. C'était à l'Université de Montréal, et tous ceux qui ont joué cette musique étaient de près ou de loin des amis étudiants. J'en ai gardé un souvenir ému. Évidemment, je souris en entendant ça. J'étais vraiment jeune ! Je ne compose plus du tout de la même façon, je n'écris plus non plus de la même façon. Mais si la forme a changé, je crois que le fond est pour la meilleure part resté le même. Je mets donc cet enregistrement ici.
Il s'agit de la troisième partie des Prières, une sorte d'oratorio profane en six parties pour soprano solo, mezzo-soprano solo, chœur et orchestre que j'ai commis entre 1996 et 1998. Ceci est la seule partie à avoir été enregistrée.
Aînés, aînés, ne cherchez plus, ne jugez plus, soupirez doucement...