Ma chambre est vide, ma tête aussi. Bientôt je passe sur le billard, pas le choix. J'aimerais dessiner, mais je n'arrive à rien. Je m'absorbe quelques minutes dans un dessin, puis je sursaute en réalisant ce qui m'attend bientôt. Le dessin semble soudain plein de menaces, son caractère joyeux n'était qu'une feinte pour me faire perdre de vue l'épreuve importante que je dois surmonter. Je jette tout. J'écoute la radio, je chatte avec ma mite préférée... Rien à faire, mes angoisses ne me laissent jamais en paix. Les fuir ne sert à rien. Je dois les regarder en face.
La convalescence sera longue. Au moins deux mois. Après, si rien de grave ne m'arrive, je pourrai enfin faire de la BD, à Paris.